Focus

HOMO FABER

On a percuté il y a 3,3 millions d’années !

Pierre-Jean TEXIER, Directeur de recherche émérite du CNRS - UMR 7269, Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique, LAMPEA, CNRS, Aix-Marseille Université.
Pierre-Jean TEXIER, Directeur de recherche émérite du CNRS - UMR 7269, Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique, LAMPEA, CNRS, Aix-Marseille Université.

Les premiers tailleurs, les premiers artisans, ont fabriqué à partir de roches volcaniques, phonolite et basalte, des éclats tranchants en fracturant ce type de blocs. C’était il y a 3,3 millions d’années sur la rive ouest du Lac Turkana, en Afrique, au Kenya.
L’ancien record d’ancienneté était jusqu’alors détenu par des galets aménagés, datés de 2,6 millions d’années, découverts à Kada Gona en Éthiopie en 1976 par la même équipe alors dirigée par Hélène Roche.
Poursuivant ses recherches, cette mission française à présent dirigée par la disciple d’Hélène Roche, Sonia Harmand, est parvenue à faire reculer l’âge des pierres taillées de 700 000 ans. grâce à ces nouvelles découvertes faites en 2011 et 2012, dans le cadre du West Turkana Archaeological Project.
Pierre-Jean Texier, lithicien de haut rang, l’un des commissaires scientifiques de l’exposition HOMO FABER, avec son regard bleu azur et son sourire fraternel, nous permet grâce à la clarté de ses explications de mesurer l’importance de ces objets-là : éclats, nucléus, outils de martelage et enclumes.

Sophie CATTOIRE

Yvonne et Éric Castang sont présents sur le marché du Bugue chaque mardi et samedi matin
Photo copyright : Sophie Cattoire
Yvonne et Éric Castang sont présents sur le marché du Bugue chaque mardi et samedi matin
Photo copyright : Sophie Cattoire

COUP DE CHAPEAU AUX PRODUCTEURS LOCAUX

Si l'on s'éloigne au moment de s'embrasser, ce qui je l'avoue me coûte en présence de mes congénères préférés, il y a un toutefois un phénomène vraiment réconfortant qui émerge de la crise sanitaire que nous traversons. Fuyant les foules par sage précaution, nous avons redécouvert sur le plan alimentaire, nos producteurs locaux. Les maisons paysannes à taille humaine ont renforcé leur succès naissant et aller directement chez les producteurs ou se faire livrer en circuit court est redevenu un réflexe naturel. Ainsi nos producteurs locaux ont-ils pu relever la tête, sans intermédiaire pour les plumer...

Jules Castang en train de botteler au frais sous le tilleul
Jules Castang en train de botteler au frais sous le tilleul

LETTRE D’AMOUR AU PÉRIGORD

La famille Castang de Mauzens Miremont a réinventé une façon naturelle de cultiver son jardin. Un maraîchage sage et éclairé à base d’insectes et de bons sens. Une approche véritablement porteuse d’avenir. C'est pour ce genre de démarche que nous avons créé cette rubrique « Avenir », pour laisser quelque chose qui donne à nos enfants l’envie de continuer. Ce que m'ont précisément laissé Louise et Albin, deux paysans tendres et généreux qui m'ont adoptée lorsqu'enfant j'eus la bonne intuition de choisir, pour y vivre avec mes parents, la ferme qui jouxtait la leur.

Exposition présentée en 2018 à la Gare d'Austerlitz à Paris par le Muséum national d'Histoire Naturelle. « À la découverte de la paléontologie, du plus petit des microfossiles au plus grand des dinosaures ».
Photo copyright : Sophie Cattoire
Exposition présentée en 2018 à la Gare d'Austerlitz à Paris par le Muséum national d'Histoire Naturelle. « À la découverte de la paléontologie, du plus petit des microfossiles au plus grand des dinosaures ». Photo copyright : Sophie Cattoire

L'irruption de la Préhistoire au beau milieu du XIXᵉ siècle fut un choc collectif considérable. Non, le monde ne s'était pas fait en sept jours, c'était décidément trop court. Dès lors, la Préhistoire commença à agir sur l'homme moderne, aussi profondément que confusément. L'art moderne parviendra parfois à traduire ce choc, car l'artiste extériorise ce qui l'habite au lieu de le refouler. C'est la piste de recherche dans laquelle s'est engouffré Rémi Labrusse, historien de l'art moderne. Il nous a proposé cet automne de partager le fruit de ses découvertes, à la faveur d'une conférence donnée au Pôle d'interprétation de la Préhistoire des Eyzies, en écho à l'exposition collective « Préhistoire, une énigme moderne » présentée cet été au centre Pompidou à Paris. Selon lui, à grands traits, l'art moderne, bouleversé par l'art préhistorique, traduit une perméabilité à ce grand passé, à l'envers de l'Histoire, qui renverse toute vision linéaire du progrès pour imposer la notion de boucle, et donc d'infini. L'art n'est pas datable, il est.

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